Se reconstruire

Publié le par Illyria

Une fois mes rapports amicaux de dépendance non épanouissants avec N. finis, je me suis seulement dit "ouf, j'ai enfin réussi à le faire sortir de ma vie, je peux enfin être légère et ne plus ressentir de négatif qui soit lié à lui." Je me suis seulement dit ça, j'ai accepté que cela soit fini et j'ai repris le cours de ma vie, comme si c'était une page qui se tournait et que cette histoire ne m'avait jamais affectée. (note: cet article va vous emmener bien plus loin que vous ne le pensez, je préfère vous le dire... Je vais me dévoiler vraiment, je le fais parce que je prends actuellement conscience de quelque chose de vraiment essentiel, et j'avais envie d'en parler, peut être que cela pourra aider certaines personnes)

Puis je rencontre mon inconnu du net, je commence à ressentir les mêmes choses que j'avais ressenties avec N.. Les mêmes doutes, les mêmes peurs, la même volonté de l'aider et de m'oublier en essayant de le "sauver". Mais cette fois, c'était la fois de trop. Hors de question de recommencer la même chose et de refaire n'importe quoi comme je l'ai fait pendant plus d'un an. Electrochoc. Et depuis cette prise de conscience, depuis que j'ai accepté de me mettre face à moi même, je suis dans un ascenseur émotionnel. Je me sens très bien au réveil, puis la journée passe et mes émotions prennent le dessus. Je me sens faible, je me sens fragile, j'ai envie de pleurer, je ressens beaucoup d'émotions négatives. Et puis ça passe, je m'apaise, et ça va mieux. Et ça recommence, ça recommence encore.

Et finalement, je me rends compte que suite à certains évènements, j'ai zappé la phase "reconstruction", que je suis directement passée à la case "je mets ces évènements de côté, ils ne m'ont pas affecté", que je ne me suis jamais confrontée à eux et au réel impact qu'ils ont eu sur moi. Je me rends compte que l'impact de tous ces évènements est en train de ressurgir sur moi et c'est pour ça que je suis dans un tel ascenseur émotionnel depuis que j'ai décidé de me mettre face à moi-même.

 Pour mon histoire avec N., oui ce n'était que des rapports amicaux (et pas une amitié), oui c'était une relation virtuelle, oui vu comme ça ce n'est rien, ce n'était pas une relation amoureuse, juste un mec avec lequel je discutais virtuellement. C'était le prétexte que je me donnais pour ne pas le dégager de ma vie, "c'est rien, c'est juste des rapports amicaux, c'est pas grave". Puis une fois qu'il était sorti de ma vie, j'ai zappé tout ça parce que j'étais surchargée de travail scolaire, parce que j'ai rencontré G l'homme au prénom maudit, parce que je venais d'arriver dans une nouvelle ville, parce que j'avais bien d'autres choses à penser qu'au réel impact que cette histoire a eu sur moi. Parce que je fuyais. Mais maintenant, vu toutes les émotions que je ressens depuis que l'inconnu du net a traversé ma vie, je suis obligée de m'admettre que oui cette histoire a laissé des traces. et que je dois me reconstruire. Pas mettre tout ce qu'il s'est passé de côté.

Mais ce n'est pas seulement mon histoire avec N. qui me fait vivre un tel ascenseur émotionnel. Ce sont des choses plus bien profondément enfouies que ça. Alors bon je vais l'écrire en public, ça fait partie de ma thérapie "j'apprends à en parler, j'apprends à le dire".  En 2000, mon petit frère est tombé malade. Il a eu un cancer, et il en est décédé 5 ans plus tard, à l'âge de 11 ans. Ca s'est passé il y a plus de 9 ans, et depuis j'ai beaucoup de mal à le dire, et je suis surtout incapable d'en parler sans pleurer. Et je me rends compte maintenant, que non 9 ans plus tard, ce n'est pas normal d'être toujours incapable de le dire. 

Et je me rends compte que, comme pour mon histoire avec N., je suis passée directement à la case "je mets de côté, je ne me confronte pas à ça" sans passer par la case "reconstruction". Et quand on met quelque chose d'aussi lourd de côté, quand on refuse de se confronter à quelque chose qui nous a fait souffrir, ça reste certes profondément en nous, mais finalement on ne fait pas le deuil de cette histoire, finalement on ne l'accepte pas. Et finalement, un jour ça finit par ressortir, on ne peut pas toujours indéfiniment nier notre histoire et les conséquences qu'elle a eu sur nous. Notre corps et notre mémoire en gardent toujours la trace.

Je vous passe les détails psychologiques, mais sincèrement, plus je me confronte à moi même, plus je me rends compte que cette partie de mon histoire m'a marquée plus que je ne le pense et que mon inconscient me joue beaucoup de tours. Pour avancer, il faut se confronter aux choses, sortir du déni. Ce n'est pas le temps qui permet la reconstruction. C'est réellement trop facile de mettre tout ce qui nous pèse, tout ce qui nous a blessé, nous a fait souffrir de côté. Le temps passe, on croit accepter, on croit avancer. Mais en fait non, le temps à lui seul ne suffit pas. 

Donc pour se reconstruire, je l'avais évoqué dans cet article "Et soudain ta vie bascula...",  il faut réellement parler. Parler pour se libérer. Mais parler vraiment. Dire ce que l'on a au fond de soi, dire ce que l'on ressent vraiment. Dire tout ce que l'on nie et que l'on refuse d'admettre. Parler pour se libérer. Accepter, reconnaître, admettre.   

Se reconstruire est un long travail qui demande de se confronter à soi même, mais il en vaut le coup. En gardant des choses en soi, en les niant, on n'avance pas finalement.

Prendre conscience réellement des choses permet de se confronter à elles et de les accepter.     

PS: depuis que j'ai rédigé cet article, je me sens mieux, je ne suis plus dans cet ascenseur émotionnel :)

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Source: Nightwish + c'est moi qui l'ai faite! (et les autres sont des illustrations de Misstigri)

Source: Nightwish + c'est moi qui l'ai faite! (et les autres sont des illustrations de Misstigri)

Publié dans apprendre

Commenter cet article

Aurelie_gabriel 05/05/2014 10:34

Je suis sincèrement désolée pour le décès de ton frère, c'est une épreuve terrible qui laissera des traces, des cicatrices. Bravo, ça doit être extrêmement pénible d'en parler surtout ici, mais oui Marie à raison il fait que ça sorte, il faut que tu arrives à faire ton deuil, ça te permettra aussi d'y voir plus clair dans tes émotions, peurs et réactions. Tu es sur le bon chemin Bichette, bon courage!

Illyria 05/05/2014 22:06

Oui ça n'a pas été facile pour moi de publier ce billet et de dévoiler cette part de mon histoire, parce que je n'en parle pas habituellement, ça m'a fait bizarre de me dévoiler, mais c'était une étape importante pour moi, ça m'a fait du bien de le faire. Mais d'ailleurs si je n'avais pas pris conscience de tout ça, je crois que je n'aurais jamais parlé de mon frère ici...
Oui il faut que j'arrive à faire mon deuil, j'ai quand même du mal à croire que 9 ans après, j'ai quasiment tout à reconstruire... Mais comme tu dis, je pense que cela va beaucoup m'aider et me faire avancer! Merci beaucoup Aurélie <3

Emilie 01/05/2014 22:03

Bravo pour ton cheminement et tu en as fait un très beau texte !

Illyria 03/05/2014 09:59

Merci beaucoup pour ton commentaire Emilie, il me touche!

maviedebrune 01/05/2014 17:45

Mettre tes mots sur ses maux .... ♥

Illyria 03/05/2014 09:59

C'est exactement ça maviedebrune, et c'est comme ça qu'on avance et qu'on se libère <3

Jasmin 30/04/2014 23:39

Article très touchant. Et bravo pour ton cheminement. La lumière est au bout du tunnel :)

Illyria 01/05/2014 13:01

Merci beaucoup Jasmin! Oui comme tu le dis justement, la lumière est au bout du tunnel, on avance petit à petit pour sortir de ce tunnel :)

De.Lye 30/04/2014 13:15

C'est vrai que ça libère d'écrire et tant mieux si ça peut te soulager. Contente de savoir que tu n'es plus dans cet ascenseur émotionnel ! Bisous

Illyria 01/05/2014 12:59

Merci beaucoup DeLye! Oui l'écriture est tellement libératrice et ça va mieux, je suis contente aussi parce que traverser toutes ces émotions, c'est juste très pénible à gérer... Bisous!