[Apprendre] - Dépendance affective (2/3)

Publié le par Illyria

Suite de cet article: Proximité & souffrances

Début 2012. Pas de contacts en 2011, car on s'était perdu et je m'étais éloignée d'Internet. Puis je suis retournée sur le forum où on s'est rencontré. Je n'avais pas oublié qui tu étais, ni les risques de souffrance, mais je t'appréciais toujours. On s'est reparlé quelques fois en 2012. Tout était rose, tout était bien, tu étais enthousiaste, tu étais heureux de me reparler, moi aussi j'étais heureuse de te retrouver, on s'appréciait, tout était positif. Mais je n'avais pas oublié le négatif. Alors je fuyais la proximité avec toi, je limitais nos contacts, je faisais bien attention à ne pas les prolonger. Jusqu'au jour où...

Jusqu'au jour où je suis arrivée en Allemagne, seule dans cette ville où je ne connaissais personne. Question de contexte, question de solitude. Tu étais enthousiaste avec moi, je me sentais bien, j'avais besoin de chaleur, surtout que cet ancien ami me laissait sans nouvelles. Tu as su prolonger les contacts, et je me suis laissée faire. J'ai abaissé mes défenses. On s'est reparlé, on est redevenu proches. Le temps passé avait refermé les blessures et j'acceptais sereinement la distance que tu imposais entre nous, le fait que tu refusais que je te connaisse. Mais je gardais toujours en moi ce mot, DISTANCE, je savais que je n'aurai jamais une relation heureuse et épanouie avec toi. Je savais qu'il n'y aurait jamais de vraie amitié entre nous.

Mais très vite, beaucoup trop vite, je me suis laissée prendre au piège. Très vite, la distance émotionnelle que je conservais vis-à-vis de toi s'est effondrée. Je me suis retrouvée prise au piège des émotions et des sentiments. Ce n'était pas de l'amour parce que je te connaissais suffisamment pour savoir que tu n'étais pas, que tu n'étais absolument pas l'homme qui me convenait. C'était de la dépendance affective. Et très vite, j'ai commencé à être dépendante affective de toi. Parce que tu sais valoriser les autres, et leur donner l'impression d'avoir de l'importance à tes yeux. Juste en utilisant ces mots, "ma belle", "ma toute belle", "princesse". Se rattacher à ces mots, comme une illusion d'importance, comme une impression d'exister, comme une impression d'être valorisée.

Et comme c'était ma seule relation sur ce modèle là, je me suis laissée prendre au piège du vide affectif que tu me permettais de combler. Tout se passait bien entre nous, je savais à quoi m'attendre avec toi, je l'acceptais, je le vivais bien. Mais ce semblant d'amitié ne m'a plus suffit. Tu ne pouvais pas m'offrir une amitié réciproque, alors j'ai eu envie de te fuir. Mais je t'appréciais, tu m'appréciais aussi, alors je ne pouvais pas te planter comme ça. Alors je suis restée, mais je me suis quand même éloignée. 

Puis début 2013, j'ai passé du temps avec toi IRL lors d'une rencontre organisée par ce forum où l'on s'est rencontré. J'étais heureuse de te rencontrer enfin, on avait bien discuté, je me suis sentie en confiance, et j'ai replongé. Je t'ai alors envoyé un long message dans lequel je t'expliquais ce qui me posait problème avec toi. Tu n'as pas répondu, mais le lendemain, sur le forum j'ai vu un message de toi disant que tu allais t'absenter pendant au moins un mois pour "raisons de santé." Je t'ai envoyé un sms, tu m'as confirmé que malheureusement on n'allait pas pouvoir se parler pendant un certain temps, et que tu n'y pouvais rien. Evidemment, tu n'as pas donné de détails sur les raisons de ton absence. 

A ce moment, j'ai pris contact avec Z., une autre fille du forum avec laquelle tu parlais. Tu étais parti sans rien lui dire, elle ne savait rien sur ton absence. Mais le mois de janvier passait, et tu continuais à te connecter sur le forum, tu étais toujours connecté sur Facebook, tu publiais quelques statuts. Je me suis assez rapidement sentie bernée, car tu m'avais assuré qu'il serait impossible qu'on se parle, donc pour moi cela sous entendait que tu n'aurais pas accès à Internet. Ca me semblait peu probable que tu sois absent pour "raisons de santé". Mes difficultés à te faire confiance et mon envie de fuir ont ressurgi. Cette fois, j'étais prête à partir et à te planter. Avec Z., l'autre fille, on t'a supprimé de notre liste d'amis.

Le lendemain, on reçoit toutes les deux un gentil sms de toi, après un mois de silence. (Coincidence ou pas, je n'ai pas la réponse) Mais je suis particulièrement sur la défensive, je n'ai plus envie de faire semblant de te faire confiance. La reprise de contact avec moi est difficile, mais tu reprends très vite contact avec Z. Tu lui parles de toi, tu t'expliques, ce qui tu as toujours refusé de faire avec moi. Quand j'ai voulu en savoir plus, tu m'as sèchement rembarré. J'accepte très mal cette situation car je me rends compte que ce n'est pas que tu ne veux pas que les autres te connaissent, c'est que tu ne veux pas que je te connaisse. (nb: c'est mon interprétation, mais je ne suis pas sûre que cette affirmation soit vraie, j'en doute)

C'est à ce moment qu'a commencé l'ambivalence envie de fuite / culpabilité. Envie de fuir car ce modèle de relation avec toi ne me rendait pas heureuse. Mais tu savais me retenir en me valorisant et en me faisant comprendre que tu m'appréciais. Tu m'appréciais, je ne pouvais pas te décevoir, je ne pouvais pas partir alors que tu me faisais comprendre que tu tenais à moi. Cette ambivalence entre les deux ressentis a duré pendant de trop longs et nombreux mois. Je savais qu'il fallait que je me casse, mais tu trouvais toujours le moyen de me retenir. Dépendance affective... 

Tu me disais que tu étais comme ça avec tout le monde, que cela n'avait rien à voir avec moi. Tu me disais que c'était à cause du virtuel, que ta vie était bien occupée, donc tu pouvais te passer de parler avec la personne. Tu me disais que tu n'aimais pas les longues discussions par écrit. Tu trouvais toujours le moyen de te justifier pour me faire culpabiliser, et me faire comprendre que c'était moi qui me trompais dans mon raisonnement, et que oui tu m'appréciais, et que oui tu tenais à moi. Tu laissais entrevoir la possibilité d'un "si (...), alors il y aura moins de distance entre nous" : "si j'étais plus patiente...", "si j'acceptais cette distance...", "si je n'étais plus dépendante de lui...", "si je posais moins de questions et si j'acceptais qu'il ne me parle pas de lui...", tout un univers de possibles... Dépendance affective...

Je luttais avec moi même pour me persuader que je me trompais, que tu n'étais pas tel que je l'imaginais, mais que tu pouvais prendre en considération les autres, parler de toi et donner. Mais j'y arrivais de moins en moins, j'avais de moins en moins envie d'essayer de te parler. Puis, en novembre, FINALEMENT, j'ai appris que tu étais en couple avec Z. OUI cette fille du VIRTUEL, oui tu étais "tombé amoureux" d'elle. Alors donc, avoir une amitié dans le virtuel est impossible pour toi, mais avoir une relation amoureuse oui c'est possible. Logique, bien sûr...

Ca a été l'électrochoc donc j'avais besoin. Je n'arrivais plus à accepter tes messages où tu me disais que tu "m'aimais vraiment et sincèrement". Pour moi, c'était impossible d'apprécier réellement quelqu'un, mais de ne jamais le contacter spontanément, et de toujours le tenir à distance de soi. Je ne comprenais pas, je n'ai jamais compris. Alors j'ai arrêté de culpabiliser, j'ai arrêté de chercher à lutter avec moi même pour accepter ces rapports non réciproques. Et je suis partie, je t'ai éjecté de ma vie. Définitivement, cette fois. Enfin, finalement, je pouvais retrouver la paix, l'apaisement, la liberté, la légèreté... 

Mais on ne ressort pas indemme d'un tel schéma de relation aussi peu épanouissant... 

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Source: http://www.deviantart.com/art/Fake-Emotions-115485371

Source: http://www.deviantart.com/art/Fake-Emotions-115485371

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